Les Libéraux classiques dans leurs recherches en vue d'atteindre l'optimum social et plus particulièrement une allocation optimale des ressources grâce à la formation spontanée des prix en économie de marché n'avaient pas pris en considération certains « effets externes négatifs ».
Il peut s'agir du côté de l'Offre du producteur du coût social de la pollution due à la fabrication de certains produits et qu'il n'incorpore pas dans son prix de revient.
Comme la théorie classique enseigne que les producteurs maximisent leur profit en produisant une quantité qui fait que le coût de la dernière unité produite (coût marginal) est égal à la recette de la dernière unité produite (recette marginale), si le coût privé est inférieur au coût social, la quantité produite sera excessive par rapport aux quantités qui auraient dû être produites pour atteindre une allocation optimale des ressources.
Dès lors les Libéraux néo-classiques et plus spécialement l'économiste britannique Arthur Cecil Pigou (1877-1959), préfigurent l'économie de l'environnement : « Pollueur Payeur ».
Ainsi, en vue d'atteindre une allocation optimale des ressources qui prenne en compte les « effets externes négatifs » comme la pollution, mais aussi un seuil raisonnable de pollution, Arthur Pigou dans les années 50 préconise « d' internaliser » les « effets externes négatifs », via « une taxe instrumentale » par unité produite.
Les pouvoirs publics vont ici fixer une norme générale de pollution tolérable (rejet de Co2) et en augmentant progressivement la taxe (instrumentalisation) tout en laissant aux différents producteurs aux coûts (marginaux) de dépollution différents, le choix entre payer ou dépolluer, vont pousser chacun d'entre-deux à dépolluer jusqu'à ce que le coût de leur dernière unité de dépollution (marginale) soit égal au montant de la taxe par unité produite.
Les entreprises aux coûts de dépollution les plus faibles seront donc amenées à réduire plus leurs émissions ou à rechercher à fabriquer des produits de substitution non polluants (bio-plactics) que les entreprises qui ont des coûts les plus élevés et les pouvoirs publics pourront toujours agir via la « taxe instrumentale » sur la norme générale de pollution tolérable.
En outre, un marché de la dépollution pourra se créer, les entreprises plus performantes en la matière pouvant louer leurs services à celles dont le coût de dépollution est supérieur à la taxe.
Les néo-Libéraux comme ceux de l'école du « Public Choice » et plus spécialement le Prix Nobel d'économie (1991) Ronald Coase établira en 1960 que lorsque les coûts de transaction sont minimes (négociations), car les droits de propriété sont établis entre un ou quelques pollueurs et pollués, qu'une solution privée contractuelle entre eux est préférable à une intervention des pouvoirs publics.
Quant à la taxe à la consommation, sauf pour les « biens club », c'est-à-dire des biens dont l'excédent de consommation des uns nuit à la consommation des autres — phénomène d'encombrement : modulation du prix de la communication téléphonique — elle ne vise pas à internaliser des externalités négatives, mais se dit incitative.
Dans ce cas, il faudrait connaître l'élasticité de la demande du bien par rapport à son prix, c'est-à-dire les pourcentages de variation de la demande par rapport aux pourcentages de variations du prix.
Si les pourcentages de variation de la demande sont minimes, le produit est dit inélastique, c'est le cas lorsqu'un gouvernement augmente les droits d'accise sur les cigarettes, produit fortement inélastique.
Dès lors, les recettes fiscales augmentent, mais les taxes sont pratiquement sans effet sur la diminution de la consommation et donc aussi la production.
Il existe aussi des effets externes positifs, un exemple connu cité par le prix Nobel d'économie (1977) James Meade (1907-1995) c'est celui du producteur de pommes à côté d'un apiculteur et qui n'est pas payé pour le service qu'il rend à ce dernier. Mais c'est aussi le cas de la plupart des innovations qui peuvent être encouragées par des incitants fiscaux.
Enfin, en ce qui concerne les « écobonis » (subventions), également à vocation incitative, mais ici le Prince choisit de donner une carotte plutôt d'un coup de bâton.
Leurs efficacités dépendent aussi de l'élasticité de la demande par rapport aux prix.
En outre, les « écobonis » peuvent réaliser un « effet d'aubaine », c'est-à-dire que même sans le cadeau fiscal, certains consommateurs auraient de toute façon préféré ce produit.
Ils n'internalisent en aucune façon un effet externe positif, mais récompensent le fait de ne pas produire un effet externe négatif.




