La crise financière actuelle n'est absolument pas due à un dysfonctionnement des marchés contrairement à ce que certains affirment.
Au contraire, la cause fondamentale et de base provient de la politique monétaire américaine.
Et qui fait de la politique monétaire, le marché ?
Certainement pas le marché libéral, mais bien les autorités publiques (le taux directeur est fixé par la Fed) !
Ainsi le taux de crédit pratiqué, n'a jamais été le taux de crédit « naturel » qui résulterait de la loi du marché et émergerait spontanément de la rencontre entre l'Offre de crédit et la Demande de crédit.
La réserve fédérale des États-Unis a complètement manipulé ce taux de crédit tout d'abord par des taux historiquement bas qui ont encouragé l'emprunt hypothécaire et la consommation au-delà du raisonnable (contrairement à ce que le taux du marché aurait régulé).
En outre, l'état et oui l'état « grâce » à une législation de 1977 (« Community Reinvestment Act ») permet à un établissement d'obtenir sa garantie s'il s'engage en contrepartie à prêter à des personnes à revenus modestes, auxquelles de tels prêts ne seraient sans celle-ci accordés.
Les taux d'intérêt bas et cette législation sur les prêts incitèrent les gens à s'endetter et ont créé l'illusion de richesse, car il n'y a pas eu pour autant plus de biens et de services offerts sur le marché (l'Offre) qu'avant cet ajout de monnaie en circulation.
C'est ce que le prix Nobel d'économie Milton Friedman appelle « l'illusion monétaire ».
Le taux directeur des banques centrales et l'émission de monnaie qui notamment en résulte ne proviennent donc absolument pas d'une autorégulation du marché
Cette politique étatique a donné lieu à un emballement du marché immobilier et les banques ont accordé imprudemment des crédits hypothécaires notamment à des personnes qui avaient peu de possibilités de rembourser.
En outre, la réserve fédérale des USA a d'autorité relevé son taux d'intérêt directeur (entre 2004 et 2006, il est passé de 1% a 5,25 % !).
Ainsi, le prix de l'immobilier a commencé à chuter et dès lors les emprunteurs se sont retrouvés avec une hausse de leurs mensualités alors que la valeur de leur bien diminuait.
En outre, les établissements de crédits, ne purent récupérer leurs mises en vendant les habitations hypothéquées d'où la valse des dépréciations d'actifs qui en résulta.
Les banques afin de réduire le risque et ainsi pouvoir présenter un ratio de fonds propres conforme à la réglementation étatique revendirent leurs créances souvent regroupées avec d'autres (phénomène de « titrisation ») qui à leur tour sont devenues suspectes et créa un phénomène de contagion notamment en Europe ainsi qu'une crise « systémique » de confiance entre les banques (marché interbancaire) qui virent ainsi se tarir leurs principales sources de refinancement ce qui a nécessité des injections massives de liquidités afin de nous sauver d'une crise sans précédent.
Si Di Rupo y voit directement la faillite du système libéral, l'on peut se poser la question de quel système Libéral ?
De quel marché libre il s'agit ?
Au lieu de stigmatiser le Libéralisme et une prétendue instabilité des lois du marché, l'on devrait au contraire stigmatiser l'extraordinaire imperfection de la politique monétaire pratiquée par l'État qui prend des libertés avec les lois économiques de base !
