Pour reprendre un propos « Royal », quand le président du P.S. martèle que les libéraux lorsqu'ils étaient au gouvernement dans les années 80 sans le P.S. n'ont pas fait mieux que ce dernier n'avait fait précédemment, relève d'une totale « immoralité politique » !
- Du 03 juin 1977 au 21 septembre 1981, soit en 4 ans 2 mois et 18 jours, huit gouvernements se succèdent sans la participation des Libéraux : leur durée de vie moyenne est donc de 6 mois et dix jours !
- Le 17 septembre 1981, c'est le premier gouvernement Martens-Gol, gouvernement de législature complète, les Libéraux gouvernèrent avec les sociaux-chrétiens, cette coalition se prolonge deux fois et prend fin le 08 mai 1988 : les socialistes sont donc ainsi exclus du pouvoir pendant une période de 5 ans 6 mois et 23 jours.
Dans les années 1970, les différents gouvernements à participations socialistes pensèrent juguler la crise par une politique d'inspiration keynésienne largement interventionniste.
Le « déficit spending » était le remède miracle : les pouvoirs publics devaient consommer davantage et engager du personnel ; ils pouvaient s'endetter et même être en déficit budgétaire, car ils allaient ainsi relancer la machine économique et après la période de crise allait succéder une période de boum économique durant laquelle les pouvoirs publics verraient automatiquement des moyens rentrer et leur déficit se résorber.
Ainsi, les pouvoirs publics vécurent largement au-delà de leurs moyens, le P.S. pratiqua le clientélisme « tous azimuts », les dépenses dépassent la production : prés de 1% en 1977, plus de 3% en 1979 et plus de 5% en 1980 !
En septembre 1981 la Belgique embourbée dans les conflits institutionnels est laissée pour exsangue :
- Le P.N.B. en croissance constante depuis l'après-guerre régresse (de - 1,6%).
- Le taux d'inflation est de 7,6%
- La balance commerciale toujours excédentaire est devenue déficitaire dés 1977 ; le déficit en 1981 est de 235 milliards, nos importations ne sont plus couvertes par nos exportations qu'à concurrence de 90% et le franc belge qui avait été pendant des décennies une monnaie forte subit une perte de confiance de la part de nos partenaires commerciaux.
- Le mali du budget de l'état augmente de façon spectaculaire, le solde net à financer est de 475 milliards de 13% du P.N.B. soit le double par rapport à 1979 (6,5%) !
- La dette totale de l'État, qui s'élevait à 928 milliards à la fin des 1975, dépasse les 1.900 milliards le 31 décembre 1980 (le P.N.B. s'élevait à 3.500 milliards.)
- Les impôts passent de 600 milliards en 1975 à 1.000 milliard en 1980.
- Malgré des engagements massifs par les pouvoirs publics — entre 1974 et 1981, l'emploi a augmenté de 35 % dans les provinces et communes, de 14,5% dans les ministères et de 22% dans les corps dits spéciaux — en 1980 l'on dépasse les 320.000 chômeurs auxquels il faut ajouter 66.000 chômeurs partiels alors qu'en 1975 les statistiques officielles faisaient état de 175.000 chômeurs complets.
Ces engagements massifs par les communes dans les années 80, font notamment que, par exemple la ville de Mons à majorité P.S. / P.S.C., doit contracter des emprunts pour couvrir un déficit de trésorerie de 2 milliards 200 millions FB ; emprunts que les Montois n'ont pas encore actuellement terminé de payer !
Dès le 17 septembre 1981, le Gouvernement Martens-Gol avec la participation des Libéraux décide de renverser la vapeur et le redressement est spectaculaire :
- En 1983, le défit de la balance commerciale est déjà ramené à un peu plus de la moitié de ce qu'il était en 1982.
À la fin de 1985 les exportations augmentent en volume de l'ordre de 30% par rapport à 1981 et la balance commerciale est à nouveau en équilibre, elle fait même apparaître un boni de 150 milliards de FB en 1986
- Dans son rapport annuel relatif à l'exercice 1984, la Banque Nationale fait remarquer qu'au cours de cette année, l'expansion de l'économie belge s'est accélérée : en prix constants, la valeur ajoutée par l'industrie augmente de 4,5% par rapport à l'année antérieure, résultat qui n'avait plus été atteint depuis 1974 !
Le taux de croissance réelle du P.I.B. (prix constant 1985) est de 5% en 1988 alors qu'il était de -1% en 1981 : Ces résultats sont les meilleurs réalisés en Europe occidentale depuis le choc pétrolier des années 1970 !
- Le taux d'inflation diminue de façon spectaculaire, il descend à 6,3% en 1984 pour atteindre 5% en 1985 et en 1986 l'augmentation moyenne des prix de détail est de l'ordre de 1,3% !
- En 1987 le solde net à financer de l'État est ramené à 8,3%, contre 13% en 1981 !
- En 1987, la période de dévaluation révolue (en février 1982, de 8,5%), le pouvoir d'achat des ménages évoluent vers la hausse et la baisse des taux d'intérêt provoque une reprise de la construction et des logements.
- Si le taux de chômage reste préoccupant, la régression est amorcée : 11,4 % en 1982 (4,7% hommes et 17,9 % femmes) et 10,2 % en 1988 (6,9 % hommes et 15,4 % femmes) par rapport à la population active.
Les déclarations du Président du P.S. s'apparentent à des grands-parents qui ont vécu au-delà de leurs moyens et qui reprocheraient à leurs enfants de conseiller à leurs petits enfants de réduire leurs dépenses pour pouvoir payer les dettes que les grands-parents ont contractées !
